L’esprit du débutant

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Le long travail de copie, d’éducation de l’œil et de la main n’est bien sûr pas une finalité en soi, mais seulement un processus d’apprentissage. Les premières copies doivent être les plus fidèles possibles lorsque l’on débute. Par la suite le travail se transforme en copie libre, pour finalement laisser aller la main sans entrave mentale, de manière naturelle et sans effort. C’est le Wu Wei de Taoïstes ou le Wu Xin (sans esprit – Mushin en japonais) des artistes T’chan ou Zen. La peinture surgit du vide sans effort conscient.
Tout apprentissage est laborieux, celui de la peinture extrême-orientale n’échappe pas à la règle. S’il est naturellement indispensable de pratiquer fréquemment et régulièrement, il est tout aussi important de posséder l’esprit du débutant, cela ce dit IBI SHOSHIN en japonais. Selon l’adage seul un bol vide peut être rempli, un bol déjà plein ne peut évidemment rien contenir de plus. Le débutant doit être semblable à un bol vide, potentiellement remplissable. Il doit d’abord se débarrasser du superflu. Des idées et des concepts qu’il projette sur l’art, la pratique, des désirs de bien faire, des certitudes, etc…
L’esprit du débutant est une vertu, car le débutant conscient de son ignorance est possédé par la soif de découverte, ne ménage pas ses efforts. Respectueux des anciens, il recherche les conseils et ne les rejette pas par simple posture égotique. C’est donc l’état d’esprit qu’il faut maintenir le plus longtemps possible pour pouvoir progresser.
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