Avoir le pinceau, avoir l’encre – Os et chair

Les anciens disaient: « avoir le pinceau, avoir l’encre ». Comment les peintures pourraient-elles ne pas avoir de pinceau ni d’encre ? Quand elles ont seulement le contour sans avoir la méthode des traits, on appelle cela sans « pinceau ». Quand elles ont la méthode des traits et qu’elles n’ont pas les nuances, on appelle cela sans « encre ».
Extrait du Jieziyuan huazhuan
Chaque peintre possède sa « manière », utilise un pinceau plus ou moins grand, composé de poils de souplesse variable, le manipule selon son envie, droit, incliné, utilise juste la pointe ou la totalité de la touffe. Qu’importe cela relève de ses choix personnels, de son style, par contre pour être pris en considération son travail doit impérativement montrer qu’il possède pinceau et encre.
La peinture chinoise est un art du trait essentiellement issu de la calligraphie qui possède un caractère austère et puissant par sa volonté de synthétiser en un trait monochrome l’essence même des formes. Cette maîtrise du pinceau, l’ossature, doit être clairement établie pour qu’un tableau puisse être apprécié, néanmoins cela ne suffit pas, selon le principe de l’équilibre yin-yang. La maîtrise de l’encre, la chair, est également requise parce que c’est dans la nuance et le clair-obscur que se trouvent les éléments qui permettent de donner l’illusion de la couleur.
Mots-clés : ,

Taigetsu