La couleur

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La peinture des lettrés est essentiellement monochrome, bien que seule l’encre de chine soit fondamentalement nécessaire, l’usage de la couleur n’en est pas pour autant proscrit ou ignoré. Cependant la peinture monochrome permet de se consacrer à l’essentiel, au fondamentale, c’est-à-dire à la structure et aux lignes de forces, respectant l’enseignement de la calligraphie selon lequel la beauté ne vient pas de la forme mais de la force du trait.
De plus n’oublions pas que le mot couleur vient du latin celare qui veut dire celer, cacher. La couche de couleur est fondamentalement quelque chose qui recouvre, qui cache le support. C’est pourquoi elle ne possède qu’un caractère secondaire et optionnel dans la peinture des lettrés, qui se veut une peinture de vérité, désireuse d’exprimer l’essence des choses.
Techniquement dans la peinture de paysage, le « Sanshui », après que le dessin soit normalement réalisé à l’encre, la couleur peut être employée en complément pour rehausser la composition. Traditionnellement la couleur peu couvrante, à base de colorants naturels végétaux ou minéraux, est principalement employée sous forme de légers lavis superposés.
La palette de couleur traditionnelle reste assez limitée. On y trouve : du jaune de jonc, de l’indigo, divers ocres et terres colorées dont un équivalent de la terre sienne brulée, du rouge vermillon à base de cinabre, du bleu d’azurite, et du vert de malachite employés pour les paysages peints selon le style « bleu et vert ».

Taigetsu