Les artères du Dragon

 019 Encre  de chine. Les artères du dragon

La peinture de paysage porte en Chine le nom de « shanshui » qui signifie littéralement montagne-eau, les deux composantes fondamentales aussi indissociables que les deux polarités yang et yin.
Après la préparation du pinceau, la première opération en peinture de paysage consiste à tracer le contour des principales montagnes ou blocs rocheux, qui apparaissent alors comme un réseau d’artères et de veines, ce sont les artères du dragon, terme emprunté à la géomancie.
Les montagnes et pierres n’étaient pas perçues comme des objets inertes par les anciens peintres taoïstes, mais comme des organismes vivants irrigués par le souffle de la vie. Symboliquement la roche est parcourue par un réseau de veines dans lequel circule l’eau, qui est à la montagne ce que le sang est à l’homme. Ce réseau peut encore être comparé aux méridiens de l’acupuncture dans lesquels circule l’énergie vitale.
L’eau même lorsqu’elle n’est pas montrée est cependant toujours présente. Elle traverse invisible la roche, la parcours secrètement pour apparaître ici et là, tantôt suintant entre les pierres donnant alors naissance à une source timide, tantôt jaillissant en cascades tumultueuses et bouillonnantes alimentant rivières et lacs insondables. Enfin l’eau en une ultime manifestation et mutation finit par s’unir au ciel sous forme de brumes et de vapeurs.
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