Encre

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Tous comme les pinceaux chaque bâton d’encre est différent. L’encre est composée de suie plus ou moins fine, les fabricants leur attribuant des grades, de 101 pour la plus fine à 107 pour celle destinée aux bâtonnets de touristes, qui n’auront pas d’autres fonctions que de servir de souvenirs de voyage.
On distingue deux familles d’encres, celle dont la suie est obtenue par la combustion de bois de pin, et celle dont la suie provient de la combustion d’huiles d’origines végétales à base de graines de sésame ou de colza. Cette suie est ensuite mélangée à de la colle d’origine animale (os de buffle, écailles de poisson) à laquelle il est rajouté du musc, du camphre, du bornéol et d’autres additifs en fonction de recettes secrètes, qui ont fait la fortune des ateliers les plus habiles.
Plus la suie est fine plus il y aura de nuances, et l’encre pourra ainsi développer les cinq couleurs que lui reconnait la tradition. Le choix entre les deux combustibles dont l’encre est issue a son importance : l’huile végétale donne un pain plus dur, au son plus cristallin lorsqu’on le fait sonner sur la pierre, et un noir plutôt brillant. Elle est préférée pour la calligraphie tandis que la matité de l’encre «au pin» convient mieux aux lavis.
Quoi qu’il en soit, la pâte noire est censée être battue «au moins trente mille fois» pour un amalgame parfait, après quoi elle est moulée à sa forme définitive et mise à sécher ; un an au moins à l’air dans la fabrication à l’ancienne, et plus couramment quelque trois mois dans des séchoirs légèrement chauffés.

L’essentiel est que le bâton donne un liquide aussi fluide et une teinte aussi dense que possible, définitivement inaltérable. Au cours du marouflage futur et du montage traditionnel sur rouleau, le papier est en effet abondamment mouillé et une encre de qualité garantit la stabilité de l’œuvre au cours de cette opération, ainsi qu’au cours des âges : il existe dans les musées des poèmes vieux de plusieurs siècles dont le support est devenu brunâtre alors que les caractères sont d’un noir aussi parfait que le jour où ils ont été tracés.

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